Agafay Mohamed Bennana Site Admin
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Posté le: Lun Aoû 28, 2006 12:32 am Sujet du message: Le fédéralisme : un progrès de la démocratie |
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UN PROGRÈS DE LA DÉMOCRATIE.
L'évolution politique des sociétés humaines commence avec l'établissement même d'un pouvoir politique : l'anarchie et la sauvagerie qui va de pair avec elle font place à l'ordre et à la sécurité civile, des services publics fonctionnent, les efforts collectifs sont organisés.
La seconde étape voit l'instauration de l'Etat de droit : le pouvoir politique agit non plus arbitrairement, mais par la loi. C'est-à-dire selon des règles générales, préalables et connues, avec lesquelles la conformité de ses actes peut être contrôlée juridictionnellement.
L'avènement de la démocratie constitue la troisième étape, majeure.
Le fédéralisme est un développement, un approfondissement, un perfectionnement de la démocratie : il en est, très probablement, le stade ultime.
La raison d'être de la démocratie, sa valeur centrale, c'est la personne humaine dans la société considérée. Le bien de l'homme en tant qu'individu réel, fait de chair et de sang, siège de la sensibilité et de la conscience, voilà son critère de référence.
Les moyens de la démocratie sont, d'une part, la garantie des droits fondamentaux et, d'autre part, principalement, la possession du pouvoir politique par l'homme lui-même : les citoyens sont souverains. Parfois ils exerceront le pouvoir directement, par référendum. D'habitude ils le confieront à des représentants qui l'exerceront pour une durée limitée, en vertu d'un mandat reçu dans des élections libres, régulières et suffisamment fréquentes.
La démocratie entend assurer le bien de l'homme, disons en créer les conditions, à partir d'une saine méfiance envers la nature humaine.
Depuis le fond des âges et jusqu'à nos jours, l'expérience enseigne en effet que l'homme tend toujours vers sa satisfaction, généralement vers sa satisfaction personnelle (même s'il ne s'y prend pas toujours de la meilleure façon), mais qu'il se soucie rarement du bonheur des autres.
La démocratie en conclut que le pouvoir servira plus sûrement au bien des citoyens, s'il leur appartient à eux-mêmes.
Le fédéralisme est un fondamentalisme de la démocratie. Il prend l'humanisme démocratique au pied de la lettre. La personne humaine est la seule valeur qui compte dans l'ordre politique, seuls les citoyens sont souverains. Par conséquent la souveraineté ne réside dans aucune entité, aucune entité n'est sacrée. La nation elle-même n'est ni indivisible, ni suprême.
Ayant découvert que les compétences composant le pouvoir politique sont dissociables, le fédéralisme donne alors une dimension nouvelle au principe démocratique.
Puisque les citoyens sont souverains, ils peuvent non seulement choisir leur régime politique et leur gouvernement dans une structure donnée : ils peuvent aussi choisir de se constituer en plusieurs solidarités.
Dans leur partie du monde ils sont libres de s'unir sur différents niveaux en des collectivités autonomes, plus ou moins proches, plus ou moins vastes jusqu'à la plus grande. Et puisque le pouvoir leur appartient, ils ont le droit de répartir à leur convenance constitutionnelle, entre ces collectivités, les compétences qui le composent.
Dans une démocratie "simple" - telles les antiques cités grecques ou une république centralisée moderne - la même collectivité détient la totalité des compétences politiques. Directement ou indirectement, les citoyens se contentent de les exercer dans ce cadre.
Dans une démocratie fédérale, les citoyens ont remis en cause l'unicité de la collectivité politique et choisi de diversifier la structure même où le pouvoir s'exerce. L'organisation se différencie.
Par rapport à la nation, notamment, ils peuvent s'unir et se gouverner en deçà, dans leur commune et dans leur région. Pour certaines choses ils peuvent s'unir et se gouverner au-delà, avec ceux qui, sur le même continent, partagent la même civilisation et de mêmes intérêts.
Les citoyens dans une fédération ont en somme plus de droits et vivent dans une démocratie plus élaborée. Mais cela n'est pas une fin en soi. L'essentiel est dans le double but que le fédéralisme permet d'atteindre.
Source : www.lavoiefederale.com |
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